Le 2 janvier 1953, le Djinn SO-1220 effectuait son premier vol. Cet appareil allait etre le premier hélicoptère à réaction au monde à etre produit en série, dans sa version 1221.


Source PlanetAéroSpace


Le Djinn du musée de l'ALAT
A la fin des années 40, la Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Ouest avait mis au point le SO-1100, un hélicoptère à réaction par bruleurs en bout de pales, fonctionnant à l'aide d'un moteur à pistons de 175 CV.
Vint ensuite en 1951 le SO-1120 Ariel III équipé d'une turbine Turboméca Artouste.

La turbine palouste
L'expérience acquise sur cet appareil permit à l'ingénieur Paul Morain, qui dirigeait alors le bureau d'études de la SNCASO, de développer un appareil dont le rotor était entrainé par de l'air comprimé éjecté par des buses placées en bout de pales et fournit par une turbine Turboméca Palouste.
C'était le principe du tourniquet pour l'arrosage des jardins appliqué à l'hélicoptère.

Buse d'éjection de l'air comprimé,
en bout de pale
Cette technique était simple, légère et rustique. Le prototype, monoplace et sans cabine, pesait 250 kg. Il fit son premier vol le 2 janvier 1953 sur la base aérienne de Villacoublay; aux commandes était Jean Dabos. Le 29 décembre 1953, Jean Dabos obtenait le record d'altitude toutes catégories avec 4789 mètres. Record amélioré le 22 mars 1957 sur un appareil biplace et caréné avec 8458 mètres (non homologué).


Prototype 02, monoplace et sans carénage
Le Djinn SO-1221 fut le premier hélicoptères à réaction à obtenir le certificat de navigabilité américain. Cet appareil allait marquer la naissance de l'industrie française de l'hélicoptère.
La plupart des appareils, dont les 100 exemplaires destinés à l'ALAT furent produits par l'usine de Rochefort. En 1957, six Djinns équipèrent la toute jeune Heeres-flieger (ALAT allemande) dans le cadre d'une évaluation. Pour l'anecdote, le Djinn ne fut pas retenu, malgré son cout à l'heure de vol très bas, en raison de sa charge marchande jugée trop faible; les quatre machines non accidentées retournèrent à Sud Aviation en 1960 en guise d'acompte de la première Alouette II.
Les Expéditions Polaires Françaises de Paul-Emile Victor utilisèrent également le Djinn.

Djinn des Expéditions Polaire Française,
base Dumont-d'Urvile, Terre Adélie, 1959
A la fin de son service militaire, le Djinn connut une seconde carrière comme appareil d'épandage. De nos jours, quelques appareils de collection volent encore.