Histoire d'étoiles
Histoire d'étoiles
Septembre 1986, parking du détachement de l'ALAT , Djibouti.
A environ 200 m, sur le parking de l'Armée de l'air, près d'une alvéole de Mirage III C, un gros bimoteur d'un autre temps est garé. Il appartient à l'armée djiboutienne qui le fait voler pour des largages de parachutistes. Des techniciens de l'Assistance Militaire Technique (AMT) participent aux vols et entretiennent l'appareil; ils sont détachés de l'Armée de l'air Française et portent l'uniforme de Armée Nationale Djiboutienne.
Quand cette machine tourne, le bruit est vraiment impressionnant. Souvent je vais en faire le tour, le voir de près, le toucher. Cet avion très connu est un Nord 2501 NORATLAS appelé aussi dans le jargon de l'Armée de l'air: "la Grise".
Armée de l'air djiboutienne
'escadrille de transport outre-mer
Un midi, au mess du Détachement Aérien 188 de l'Armée de l'air, j'ai l'occasion de manger à côté de l'un des gars de l'AMT et bien sûr , nous parlons de "l'Avion". Je lui raconte l'excitation que je ressens lorsque cette machine tourne et que faire un point fixe là-dessus me ferait encore plus d'effet. Il me dit alors qu'il doit justement en faire un dans la semaine, et qu'il m'appellera. Le jour J, je vais donc à Escadrille de Transport OutreMer 88 ou l'AMT a son QG.
Mon nouveau camarade m'emmène en terre promise. Je me retrouve près de la bête, mais là, je vais causer avec elle ! Nous enlèvons les différents obturateurs et éclisses et après avoir brassé chacune des hélices des deux SNECMA Bristol Hercules de 2000 CV et fait le tour de l'appareil, nous grimpons dans le cockpit par la porte latérale avant, et nous asseyons dans les places pil et copil. Je suis très impressionné. Les instruments sont d'un autre temps par rapport au Transall que je connais mieux. Derrière moi se trouve la table du navigateur avec l'astrodome.
Mon nouveau camarade m'emmène en terre promise. Je me retrouve près de la bête, mais là, je vais causer avec elle ! Nous enlèvons les différents obturateurs et éclisses et après avoir brassé chacune des hélices des deux SNECMA Bristol Hercules de 2000 CV et fait le tour de l'appareil, nous grimpons dans le cockpit par la porte latérale avant, et nous asseyons dans les places pil et copil. Je suis très impressionné. Les instruments sont d'un autre temps par rapport au Transall que je connais mieux. Derrière moi se trouve la table du navigateur avec l'astrodome.

Après mise sous tension des circuits électriques et pompes à carburant, mon camarade vérifie le verrouillage du frein de parking et met en route le premier moteur, qui pétarade dans un nuage de fumée.
Au ralenti, il effectue diverses vérifications puis démarre le second moteur. Cela me rappelle, en beaucoup moins gros évidemment, les points fixes sur Broussard, que je faisais à la piste avions de Dax, quelques années auparavant. Je suis un tordu du moteur en étoile. J'adore son bruit si particulier, sa mise en route qui à l'air si pénible que l'on se demande s'il va démarrer.
Bref, les deux bourrins sont en route ; après la check-list, nous poussons les gaz à 50% puis à plein pot Cela fait un raffut du diable et donne une extraordinaire impression de puissance. Tout la-dedans vibre, et surtout moi de plaisir, quand mon copain de l'AND me laisse pousser les manettes. Après quelques régulations, retour au ralenti et essais des magnétos, nous testons la reverse. J'ai cru que les ailes allaient partir en arrière. Puis retour au ralenti, vérif des bonnes tempés, et arrêt des moteurs. Le point fixe n'a duré que quinze minutes mais quel quart d'heure, quel plaisir !

Le point fixe se termine évidemment au bar de l'escadrille.
Il devrait y avoir des parcs d'attractions avec ce genre d'essai. Ils donneraient aux gens la vocation de l'aéronautique. Maintenant, avec les turbines et turboprops les sensations sont différentes : pas de bruit, d'odeurs, ni d'idée de puissance.
Même si ce n'est pas sur un taxi de l'Alat, ce point fixe restera dans ma mémoire jusqu'à la fin de mes jours. J'envie tous ces pilotes et mécaniciens qui , malgré une " mauvaise époque ", ont vécu avec le H 21, le H 19 et toutes ces pauvres vieilles bêtes que l'on n'entendra jamais plus et qui pourtant mériteraient d'être à l'honneur.

Chandler Airport - 1986
Jean Philippe Joyeux - 2001

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